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Votre question

Bonjour, pourquoi la méthodologie du dernier rapport Oxfam est-elle remise en question ?
posée par Alain, le 15/05/2018

Bonjour,

Votre question a été modifiée de manière à la raccourcir. La voici dans sa version intégrale : «Bonjour, pourquoi la méthodologie du dernier rapport Oxfam est-elle remise en question ? Je ne comprends pas bien la distinction qu'il faudrait faire entre salaire, intéressement et prime de participation.»

Vous faites notamment référence aux critiques avancées par l'économiste Patrick Artus, dans l'Usine Nouvelle. Dénonçant plusieurs biais méthodologiques, il expliquait notamment : 

«A aucun moment, ils (Oxfam, ndlr) ne montrent les salaires dans leur étude. Si nous voulons réfléchir au partage des revenus, il faut se pencher sur les salaires et non sur l’intéressement et la participation. Il faut observer la progression des salaires dans les différents pays et comment elle se place par rapport à l’évolution de la productivité»

Pour rappel, le rapport de l'ONG Oxfam souligne qu'entre 2009 et 2016, 67,4% des bénéfices des entreprises du CAC 40 ont servi à rémunérer les actionnaires (sous forme de dividendes), contre seulement 27,3% consacrés à l'investissement et 5,3% aux salariés. Dès lors, d'aucuns se sont insurgés contre la faible part - 5,3% - consacrée aux salariés, contre 67,4% accordés aux actionnaires.

Mais comme le souligne Artus à juste titre, l' «enveloppe» étudiée dans ce partage - celle des bénéfices - ne comprend pas les salaires, déjà été versée en amont. La part de rémunération des salariés issue des bénéfices, et évoqué dans cette étude, ne concerne en réalité que les seuls dispositifs de participation et d'intéressement. Des dispositifs assez spécifiques à la France, mis en place dans les années 60, et basés sur la réalisation d’objectifs ou de performances pour l'intéressement, et indexée sur le résultat de l'entreprise dans les boîtes de plus de 50 salariés pour la participation.

Pour appréhender plus justement le partage entre ce qui revient d'une part au capital (actionnaires) et d'autre part au travail (salariés), il faudrait donc, en effet, prendre en compte les salaires, en plus des dispositifs d'intéressement et de participation, qui restent marginaux. Ce qui avait notamment été fait en 2009 dans le rapport Cotis sur le partage de la valeur ajoutée, en plus du travail réalisé sur la répartition des bénéfices. 

D'autant que, selon Patrick Artus, «la France est l’un des très rares pays de l’OCDE où les salaires augmentent plus vite que la productivité». C’est même, selon lui, «l’un des pays où il n’y a pas de problème de partage des revenus entre les profits et les salaires».

Cordialement

Luc Peillon

 

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