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Votre question

Est-il vrai qu’un homme a été expulsé d’un plateau télé égyptien pour athéisme?
posée le 08/03/2018

Bonjour,

Vous faites référence à une scène qui se serait déroulée le 11 février dernier sur le plateau de la chaîne de télévision égyptienne Alhadath Alyoum. 

Selon la traduction effectuée par le Middle East Media Research Institute qui l'a viralisée, un jeune homme déclare face au présentateur tv et un cheik: «Je suis athée, ce qui veut dire que je ne crois pas en l'existence de dieu. Je ne crois pas en lui», provoquant la surprise du cheik puis la colère du présentateur.

«Je m'excuse auprès des téléspectateurs d'avor invité un tel Egyptien à notre émission. Je suis désolé, Mohammad, mais vous ne pouvez pas rester avec nous, parce que vos idées sont inappropriées, je suis triste de le dire. Nous ne pouvons pas promouvoir des idées aussi destructrices. Vous n'avez pas prononcé un seul mot convaincant», explique le présentateur. Le cheik, lui, met cet athéisme sur le compte d'une «maladie mentale». Le présentateur réembraye: «je vous conseille de quitter le studio et d'aller directement à un hôpital psychiatrique». 

On entend ensuite à plusieurs reprises le présentateur demander au jeune homme de quitter le studio. 

Dans la vidéo intégrale de l'émission, on ne voit pas directement le jeune homme partir mais il est bien absent du plateau après 16 minutes d'interview. Contactée par CheckNews pour savoir pourquoi le jeune homme avait été invité et quel était l'objet du débat, la chaîne de télévision ne nous a pas répondu. 

La scène a été repérée, coupée, traduite et viralisée par le Middle East Media Research Institute (Memri), un organisme basé à Washington qui se présente comme «explorant le Moyen-Orient et l'Asie du sud à travers leurs médias, faisant le pont grâce à des traductions, tout comme des analyses originales» et créé pour «éclairer le débat sur la politique américaine au Moyen-Orient». Pour le Monde diplomatique, le Memri «présente l’essentiel des journalistes des médias arabes et musulmans comme des fanatiques antioccidentaux et antisémites.» Dans une chronique publiée dans le Guardian en 2002, le journaliste spécialiste du Moyen-Orient Brian Whitaker écrivait: «les histoires que Memri choisit de traduire suivent souvent le même schéma: soit elles donnent une mauvaise image des Arabes, ou alors elles suivent l'agenda politique d'Israël». Et le journaliste de citer le président du Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) déclarant au Washington Times: «le but de Memri est de trouver les pires citations possibles venant du monde musulman et de les disséminer autant que possible». Des allégations contestées par les intéressés dans un droit de réponse publié dans le Guardian, et de nouveau répétées par Whitaker trois ans plus tard dans le même journal.

Cordialement,

P.M


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