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Votre question

Quelle est la procédure de l'Eglise pour reconnaître un miracle?
posée par Sébastien, le 13/02/2018

Bonjour,

Vous nous posez cette question alors que le diocèse de Beauvais vient de reconnaître le 70e miracle de Lourdes. Une religieuse de ce diocèse, victime de paralysie, a été «miraculeusement» guérie après un pèlerinage à Lourdes en 2008.

Dans leur dossier de presse commun publié à cette occasion, le diocèse et le sanctuaire reviennent sur la procédure de reconnaissance des miracles. La procédure est longue, elle prend en général plusieurs années. 

La personne guérie doit d'abord se rendre au bureau des constatations médicales de Lourdes, présidé par le docteur Alessandro de Franciscis, qui enregistre la déclaration du patient. «S’il a été possible de constituer un dossier à peu près complet et si la personne revient à Lourdes, le médecin peut réunir un "Bureau des constatations médicales"», constitué de tous les médecins et soignants présents à Lourdes ce jour là, et qui le souhaitent, «quelles que soient leurs convictions religieuses», précise le sanctuaire sur son site. La personne guérie est aussi présente à cette réunion, et est alors interrogée par le Bureau.

Si le Bureau constate la guérison (après un vote à main levée), il transmet le dossier au Comité médical international de Lourdes (CMIL), qui se réunit une fois par an. Composé d'une trentaine de membres, celui-ci nomme un rapporteur chargé d'étudier en profondeur le dossier. Le rapporteur, selon le dossier de presse, peut consulter qui il veut, même des personnes en dehors du comité. Il épluche toute la littérature scientifique publiée sur le sujet et peut même «soumettre des pièces du dossier, en aveugle, à des confrères pour recueillir leur appréciation». Le Comité peut notamment s'appuyer sur les sept critères de Lambertini pour prendre sa décision. Dans une interview à la Croix en août 2017, Alessandro de Franciscis expliquait en quoi consistent ces sept critères, établis au 18e siècle:

La maladie doit être connue mais incurable, elle ne doit pas être arrivée à son stade ultime d’évolution, ni avoir été soignée ; la guérison doit être soudaine, naturelle et durable. 

Par vote anonyme et secret, le Comité déclare alors ou non la guérison inexpliquée «dans l’état actuel des connaissances scientifiques». Le Comité «confirme» ou «certifie» que la guérison est inexpliquée, et la majorité aux deux tiers est nécessaire. 

Le médecin permanent informe alors l'évêque de Tarbes (dont dépend Lourdes), qui informe lui-même le diocèse de la personne concernée. C'est là que l'Eglise prend le relais sur les médecins. 

C'est l'évêque du diocèse de la personne guérie, sans consulter le Vatican, qui décide alors (au regard des conclusions et du dossier fourni par le CMIL) de reconnaître ou non le «miracle». C'est pourquoi c'est le diocèse de Beauvais qui a reconnu le 70e miracle de Lourdes. 

Cordialement,

P.M.

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