Logo checknews.fr

Votre question

Y a-t-il vraiment des dizaines d'islamistes radicaux travaillant dans des centrales nucléaires? (lien repéré par Facebook)
posée le 13/02/2018

Un article publié par le site LaFrance.co, nous a été signalé sur Facebook (1). S'il n'est pas factuellement faux, une remise en contexte est nécessaire. 

Le site LaFrance.co reprend des informations publiées par les médias traditionnels, traitant principalement d'immigration, d'islam et de faits-divers. 

Dans cet article, ils s'appuient sur un article de Mediapart publié le 6 février sur «l'anatomie de la menace terroriste en France». Le journaliste Mathieu Suc décrit les principales caractéristiques de la menace terroriste en France: en résumé, il explique que l'Hexagone reste une cible prioritaire des terroristes, que les forces de l'ordre sont particulièrement ciblées, et que les auteurs sont souvent des primo-terroristes ayant un mode opératoire sommaire. 

Pour résumer, en 2017, les attentats et projets d’attentats menés en France présentaient des modes opératoires sommaires impliquant des acteurs locaux faiblement qualifiés et n’ayant pas de gros besoins financiers pour passer à l’acte. Ce qui n’empêche pas les services de renseignement de surveiller les cibles et les auteurs potentiels plus sophistiqués et représentant un risque de tuerie de masse.

Résumé qui permet au journaliste d'embrayer sur les cibles plus sophistiquées surveillées par les services de renseignement: 

Ainsi, l’État-major opérationnel de prévention du terrorisme (EMOPT), appelé à fusionner prochainement avec l’UCLAT, a recensé l’an dernier 59 islamistes radicaux travaillant ou ayant travaillé dans le nucléaire. 

Remettons toutefois en contexte les explications de Mediapart, et du gouvernement (qui n'est en fait pas cité, les propos en question étant prononcé par une source des services de renseignement). Voici ce qu'écrit précisément le journal d'investigation: 

«Il y a différents degrés de radicalisation, les métiers liés au nucléaire ne sont pas une préoccupation majeure, tempère le ponte des services de renseignement précité. Bien sûr, nous surveillons cela mais nous n’avons pas détecté d’individus extrêmement dangereux. Et au moindre doute, les habilitations sont retirées.» Ces 59 islamistes radicaux recensés le seraient principalement pour des faits de prosélytisme et des suspicions de communautarisme. Plus rarement pour apologie ou pour «indiscrétions professionnelles».

L'information à retenir est donc que 59 personnes travaillant dans le nucléaire sont suivies par les renseignements, mais que les services «n'ont pas détecté d'individus extrêmement dangereux».

Enfin, contrairement à ce que pourrait laisser penser un coup d'oeil rapide, attention à la carte d'illustration mise en ligne. Celle-ci ne présente absolument pas les sites nucléaires dans lesquels travailleraient les 59 islamistes radicaux, mais une carte de France recensant tous les sites de l'industrie nucléaire, et publiée par le réseau «Sortir du nucléaire».

(1) Pour lutter contre les «fake news», Facebook a mis au point un partenariat avec cinq fact-checkers français (dont Libération). Des articles très partagés et signalés par des utilisateurs sont vérifiés par les médias français. 

P.M

Partagez cette réponse

Nos dernières réponses