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Votre question

Routes secondaires à 80 km/h : cela rapporterait à l'État 335 millions d'euros. Ce chiffre est il fiable ?
posée par Thierry, le 10/01/2018

Bonjour

Votre question fait référence à un article d’Autoplus, publié en décembre. Il faisait suite à la fuite d’une note confidentielle envoyée aux préfets par le gouvernement. Cette note était un prélude aux annonces d’Edouard Philippe sur la sécurité routière, le mardi 9 janvier. Parmi les 18 mesures, l’une vous a particulièrement préoccupée: celle consistant à baisser de 90km/h à 80 km/h la vitesse maximale autorisée sur les axes à double sens de circulation sans séparateur central. Nous en avons d’ailleurs déjà parlé sur Checknews (entre autres ici, ici, ou ) et sur Libération (ici ou ).

Cette diminution de la vitesse maximale autorisée a déjà été expérimentée pendant 2 ans, entre le 1er juillet 2015 et le 1er juillet 2017, sur 86 kilomètres de voies, dans quatre départements: la Drôme, l’Yonne, la Nièvre, la Haute-Saône. Les résultats ont d’ailleurs été très débattus, comme nous vous expliquions dans une précédente réponse Checknews.

Sur les 86 kilomètres testés, Autoplus a constaté que les radars automatiques flashaient quatre fois plus. Par extrapolation, nos confrères ont calculé qu’à l’échelle du territoire (400 000 kilomètres de voies concernées), cela «représenterait une manne de 335 millions d’euros» annuels.

Baisse de la limitation de vitesse = hausse des flashs

Interrogé sur ce chiffre par Checknews, le délégué interministériel à la sécurité routière (DISR), Emmanuel Barbe, concède: «Oui, quand on implante un nouveau radar, ou qu’on baisse la limitation de vitesse, il y a plus de flashs.» Cependant, il assure que ses services sont dans l’impossibilité de le chiffrer, et donc de confirmer ou d’infirmer le calcul d’Autoplus.

«Dans le cas de l’expérimentation, les gens n’étaient peut-être pas tous au courant que la vitesse avait été baissée», veut croire le fonctionnaire. Et de rappeler l’«effet temps»: plus le temps passe, moins il y a de flashs, car les gens s’habituent. Le délégué interministériel promet que la réforme, au niveau national, sera appuyée par une communication tambour battant. Pour que les automobilistes ne soient pas surpris.

Cette décision de baisser la limitation est «sans lien avec une quelconque motivation financière», assurait le Premier ministre, le 9 janvier, en conférence de presse. Mais, preuve que le gouvernement s’attend bien à dégager de nouveaux moyens, un «fonds d'investissement pour la modernisation des structures sanitaires et médico-sociales qui seront destinées à la prise en charge des accidentés de la route» sera créé, prévient Edouard Philippe. Ce fonds sera «doté de l'intégralité du surplus des recettes perçues par l'Etat, liée à l'abaissement des vitesses maximales», a-t-il précisé. Sans rien dire quant à ce montant ou à son évolution dans le temps.

Fabien Leboucq

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