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Votre question

Est-il vrai qu'Emmanuel Macron n'a "JAMAIS" prononcé le mot "France" dans son discours à Ouagadougou, "Pas un seul moment"??
posée par Florence, le 30/11/2017

Question posée par Florence

 

Bonjour,

Votre question porte sur les déclarations de l'historienne Sophie Bessis dans l'émission 28 minutes sur Arte, le 28 novembre, sur le thème: «Macron peut-il rompre avec la Françafrique ?»

Sophie Bessis, chercheuse à l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) réagissait au discours d'Emmanuel Macron à Ouagadougou. Si elle a insisté sur des points positifs (l'évocation de la santé, de l'éducation, notamment pour les filles)  elle a déploré l' «absence de la France» dans le discours du président, et un usage du "je" revenant selon elle à court-circuiter les «processus démocratiques».

Le président français n'a dit que "je". Il n'a jamais dit "la France". Jamais. Où est la France? Si on prend les 0,7% du PIB d'aide au développement, en principe c'est voté par le parlement, ce n'est pas décidé dans une chambre obscure de l'Elysée

Si on prend la déclaration de l'historienne au sens littérale, elle est évidemment fausse. En deux heures de discours, Emmanuel Macron a évidemment prononcé le mot "France". A 82 reprises, pour être précis.

Le propos critique de Sophie Besse porte sur la personnalisation du pouvoir tendant à résumer l'action politique française à la seule personne présidentielle. Même même là, le propos est caricatural. 

Voici par exemple le passage consacré à l'aide au développement à laquelle Sophie Besse fait allusion. Emmanuel Macron a effectivement beaucoup utilisé le "je" pour promettre des engagements, et rappelé celui qu'il avait annoncé en juillet (porter à 0,55% du PIB l'aide au développement en 2022). Mais il a aussi employé le «nous/notre», évoqué l' «engagement pris par la France», les «ministres» qui vont plancher sur le sujet, tout en rendant hommage à l'AFD qui a concouru selon lui à «une politique de développement française plus proche du terrain»

Parce que je suis venu pour prendre des engagements et j'en ai déjà pris. J’ai pris l'engagement d'avoir une France au rendez-vous du défi de développement. Beaucoup de ce que je viens de rappeler et de ce que je vais dans un instant détailler ne serait pas possible si la France n'était pas à la hauteur de ce défi et ne décidait pas d'être à la hauteur en termes d'aide publique au développement. Je sais que c'est très attendu. Aussi ai-je pris l'engagement, dès le début de mon mandat, d'atteindre à la fin de celui-ci les 0,55 % du revenu national brut en termes d'aide publique au développement. C’est un engagement ferme, il est exigeant. Il est exigeant. Il supposera des efforts, nous les ferons. Parce que ces efforts, c'est la contribution française à la réussite de tout un continent, de nombreux pays, parce que c'est une part de notre réussite aussi. Et donc, dans les prochains mois, une stratégie sera détaillée, préparée par le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, qui année après année, expliquera très précisément comment nous y parviendront avec des engagements financés et avec des financements à la clef.

Mais je ne veux pour autant pas que nous nous arrêtions aux chiffres. L’aide publique au développement, nous savons parfois ce que ça peut dire, ce que cela a pu dire. Un argent qui va trop peu sur le terrain, trop peu justement aux jeunes ou ceux qui en ont le plus besoin. Et donc, cette philosophie qui a été changée il y a plusieurs années en France sous l'autorité de Jean-Michel SEVERINO dont je salue ici la présence, et qui est aujourd'hui portée à la tête de l'AFD, l'Agence Française de Développement par Rémy RIOUX, également à mes côtés, c'est cette transformation que nous avons conduite depuis plusieurs années, conduisant à avoir une politique de développement française plus proche du terrain, plus à l'écoute des besoins, travaillant de manière plus délocalisée au contact des besoins. (.../...)

Parfois, notre aide publique au développement ne répond pas aux besoins. Elle fait plaisir à des gouvernements français ou africains. C'est une mauvaise méthode. Elle doit être évaluée ; elle doit être évaluée. Si elle est efficace, il faut la poursuivre. Si elle ne l'est pas, il faut la réorienter vers des projets portés sur le terrain et des projets que nous accompagnerons. C'est cette nouvelle philosophie, cette nouvelle volonté qui accompagnera l'engagement ferme en termes de financement pris par la France.

En résumé, si on peut sûrement trouver dans ce discours africain des traces de la vision verticale du pouvoir selon Macron, on ne peut pas dire pour autant, au sens littéral, que «la France» était absente de son discours.

Cordialement

C.Mt

 

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