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Votre question

Un journaliste peut-il se voir déchoir de sa carte de presse pour cause de diffusion de "fake news" ? Ce cas s'est-il présenté ?
posée par Martin Korolczuk, le 12/11/2017

Question posée par Martin, le 12 novembre 2017

Bonjour,

En France, l’attribution de la carte de presse est assurée par la Commission de la Carte d'Identité des Journalistes Professionnels (CCIJP). Tous les ans, les journalistes souhaitant l'obtenir doivent en formuler la demande et prouver que leur situation correspond aux conditions définies par l’instance : «Il faut exercer la profession depuis trois mois au moins consécutifs, et tirer de cette activité le principal de ses ressources, c’est-à-dire, plus de 50 %. Naturellement, les fonctions exercées doivent être de nature journalistique. Enfin, l’employeur doit être une entreprise de presse (écrite ou audiovisuelle) ou une agence de presse agréée.»

Un journaliste perd sa carte de presse s’il ne satisfait plus à ces conditions. Par exemple, si ses revenus issus d’une autre activité dépassent ceux du journalisme ou s’il travaille pour une publication non-agréée. Un cas récent et médiatisé de non-renouvellement de carte de presse est celui de Pascale Clark. En mars 2015, la journaliste s’est vue signifier le refus de la CCIJP, selon qui l’émission qu’elle animait alors sur France Inter, A'live, «ne [présentait] pas le caractère d'une émission d'information». En réaction, Patrick Cohen avait alors renoncé à sa propre carte de presse en la découpant à l’antenne.

Mais la CCIJP ne peut pas déchoir un journaliste de sa carte de presse pour cause de diffusion de fake news. Contactée par Libération, la Commission résume sobrement : «Les questions de déontologie ne sont pas du ressort de la Commission.»

Il n’existe pas, en France, d’instance susceptible de prendre des sanctions contre des journalistes en cas de manquement à la déontologie. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) possède quelques attributions - «la protection des mineurs, (...) le respect de la dignité de la personne humaine, la protection des consommateurs» - qui peuvent l’amener à sévir mais uniquement dans ce cadre et uniquement en ce qui concerne les médias audiovisuels (et sans déchoir qui que ce soit de la carte de presse). Certains textes de références, parfois mentionnés dans les contrats des journalistes, évoquent également des questions de déontologie. C’est le cas, par exemple, de la Charte d’éthique professionnelle des journalistes élaborée par le Syndicat national des journalistes, dans laquelle l’exactitude est décrite comme un des «piliers de l’action journalistique». Mais rien de contraignant.

La décision de prendre une sanction lorsqu’une journaliste relaie une fausse information revient aux médias eux-mêmes. TF1 avait ainsi licencié pour «faute grave» sa journaliste Florence Schaal, qui avait annoncé par erreur la mort d'un enfant disparu en 2008.

Cordialement,

V. G.

Réponse postée le 13 novembre 2017

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